Le devoir historique impose à la monarchie de renoncer à une partie de sa fortune au profit du peuple Marocain

Dans son discours à l’occasion de l’ouverture de l’année  Parlementaire, le vendredi 12 octobre 2018, le roi Mohamed VI  a insisté sur les mécanismes de solidarité sociale, ce qui soulève  une grande question : le temps n’est-il pas  venu pour que chaque membre de  la famille royale (le roi et les princesses et les princes )  renonce à une partie de sa fortune ou en fasse un don pour contribuer  à sauver le Maroc de la situation de détérioration  qu’il vit, et inaugurer par cette mesure une nouvelle phase de  l’histoire du pays et de la  relation entre la monarchie et le peuple ?

En 1953, les autorités coloniales Françaises avaient  déposé et exilé  le Sultan Mohamed V et tous les membres de la famille royale, ce qui a déclenché la protestation populaire qu’on appelle la révolution du peuple et du roi, les marocains s’étaient mobilisés pour défendre la monarchie et des centaines de citoyens ont perdu la vie pendant ces évènements,  même si c’est cette  institution  monarchique qui a  apporté le  colonialisme au Maroc puisque c’est le Sultan Abdul Hafez  qui a signé avec la France le traité de protectorat en 1912.

La monarchie demeure à ce jour redevable au peuple marocain d’avoir manifesté pour exiger le retour du sultan à son trône. Ce mouvement populaire est à l’origine du rétablissement de la monarchie  alors que le colonialisme et certaines familles makhzéniennes avaient un autre plan.

Le Maroc connaît actuellement une crise profonde après que les piliers de la nation marocaine ont  commencé à s’effriter progressivement de façon alarmante, à savoir les secteurs de  l’éducation qui est à la base des Nations, celui de la santé qui s’est détérioré et enfin celui de l’emploi  qui est devenu une sorte de fiction pour les marocains.

 Tout cela au moment où les différences sociales ont atteint les niveaux les plus inquiétants depuis l’indépendance et peut-être au cours des  trois derniers siècles, en raison de l’échec des politiques publiques, et la prédominance de l’obséquiosité à l’égard de l’institution royale au lieu de lui dire la vérité  et la poursuite des  mêmes erreurs mortelles au niveau du modèle de développement adopté, sans parler des mauvaises conséquences, des conflits d’intérêts et du mélange entre exercice du pouvoir et celui des activités commerciales et financières et le monopole de certaines activités ; ce qui élimine toute possibilité de  concurrence saine et loyale.

Oui, le Maroc vit une  crise profonde dans la mesure où le rêve d’une bonne partie du peuple marocain est de quitter le pays,  surtout chez  la tranche des jeunes qui aspire à l’immigration clandestine. Aujourd’hui,  le chômeur veut émigrer, le médecin veut migrer et l’ingénieur veut émigrer, sans parler des enfants qui errent dans les villes européennes  et les centaines de jeunes gens et jeunes filles qui meurent  en mer à la recherche d’une opportunité de travail que leur pays n’ a pas réussi  à leur offrir, alors qu’il regorge de ressources naturelles et ne manque pas de capital humain  qualifié et ambitieux.

Il faut être réaliste et très lucide : Dans les circonstances actuelles et en raison d’une  économie rétrécie, et en l’absence de la volonté de  l’Etat de lutter contre la corruption puisqu’il persiste à l’encourager et la consacrer comme le montre l’exemple des lots de terrains distribués aux  serviteurs de l’Etat (une vrai scandale  honteux et inacceptable), le Maroc doits ’attendre à des années de vaches maigres et une crise sociale sévère qui ne sera pas résolue ni la politique du bâton et de la prison, ni par l’instrumentalisation de la justice et des médias pour faire taire ceux qui osent dire la vérité. Bien au contraire, les politiques actuelles de l’Etat ne feront qu’exacerber la crise et allumer la mèche de la grande déflagration.

Oui, la monarchie marocaine à une dette historique énorme  à l’égard du peuple Marocain depuis 1953, le roi Mohammed VI a annoncé  dans son discours au Parlement le 12 octobre 2018 qu’il envisageait de  promouvoir les actions de solidarités. A cette occasion, il est temps pour la monarchie de restituer une partie de cette dette  au peuple et démontrer que le  trône est vraiment attaché à ce peuple marocain. Les citoyens  souffrent  et vivent les déceptions successives dues aux décisions du pouvoir, cette souffrance a atteint aujourd’hui  un niveau intolérable et le pays  a  vraiment et plus que jamais besoin d’initiatives  symboliques et concrètes pour rétablir la confiance perdues dans l’avenir de la vie dans le pays.

À cet égard, parmi  ces initiatives, nous attendons de la monarchie ( le roi, les  princes et les princesses, en particulier les princes Rachid, Hicham et Ismail,  et les princesses) de renoncer à une  partie de leur fortune au profit peuple marocain, il ne s’agit pas de faire des dons directs  sur les comptes des citoyens mais à travers des  initiatives concrètes qui profitent à la nation, dont une partie des enfants s’immolent par le feu ou  meurent noyés dans le mer Méditerranée à la recherche d’une vie meilleure, après avoir atteint le sommet du désespoir.

 À cet égard, nous suggérons les mesures suivantes:

-Créer un Fonds pour financer la recherche scientifique dans les universités du Maroc dans les domaines où le Maroc a besoin d’approfondir la recherche, au lieu de continuer à payer des cabinets de consultants internationaux pour réaliser des missions d’études  puisque souvent ces marchés sont attribués sur le base des relations amicales de certains individus ayant des postes de responsabilités dans l’administration marocaine alors que nous assistons au constat des mauvaises conclusions de ces études.

-Création d’un fonds pour aider les jeunes dans la réalisation de  leurs projets au moment où les banques marocaines ont  abandonné ce rôle social et économique.

-Effectuer des dons pour acheter du matériel médical pour équiper les hôpitaux des zones éloignées qui souffrent du manque de matériel, en particulier celui qui sert pour les  maladies chroniques.

-Réduire de façon substantielle  le  budget annuel alloué au Palais royal  au profit d’autres ministères à caractère social, puisque ce budget est incompatible avec les ressources du pays et est plus élevé que celui d’autres monarchies de pays plus développés et plus riches que le  Maroc comme l’ Espagne, les Pays-Bas, la Belgique, la Suède et le Danemark, cette mesure devrait s’accompagner par le renoncement du roi et des princes et princesses  aux dotations financières qu’ils reçoivent du budget général de l’Etat.

Le roi et les Princes pourraient s’inspirer de certains riches du monde, comme l’homme d’affaires américain Bill Gates, qui  n’assume pas de responsabilité politique, et qui a fait don d’une partie substantielle de sa fortune au profit de l’humanité. La monarchie marocaine pourrait aussi s’inspirer des mesures de réduction des dépenses et du train de vie adoptées par les monarchies européennes.

Le Maroc traverse une crise grave, alors que  le roi et les princes ont accumulé des fortunes colossales sachant que la monarchie était pauvre  lors de l’indépendance du pays et avait une fortune plutôt moyenne en  l’an 2000, et a atteint en 2018 des sommets incroyables, Le devoir moral, historique et humain  impose au roi et aux princes et princesses de renoncer à une part de leur fortunes au profit du peuple en ces moments de grande crise , afin de donner l’exemple aux autres individus fortunés du Maroc  et à ses institutions financières.

La crise actuelle est une véritable opportunité pour que  l’institution royale démontre son affection et son attachement au peuple !

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